Comment une grande ville française a glissé jusqu’à devenir l’une des plus sales d’Europe
Posted 2 janvier 2026 by: Admin
Ville de lumière et de contrastes, Marseille continue de fasciner autant qu’elle interroge. Si son décor méditerranéen et son identité populaire séduisent, un récent rapport européen vient rappeler une réalité plus rugueuse, faite de propreté défaillante et d’un sentiment d’insécurité largement partagé par ses habitants.
Selon une vaste enquête menée par la Commission européenne auprès de plus de 70 000 habitants dans de grandes métropoles du continent, Marseille figure parmi les villes les moins bien classées en matière de qualité de vie. Passées au crible, des cités comme Zurich, Turin, Malmö ou Cracovie servent de points de comparaison. Résultat : Marseille se retrouve sur la troisième marche des villes européennes jugées les plus sales, derrière Palerme et Rome, un constat difficile à concilier avec l’image touristique que la ville cherche à promouvoir.
Une propreté urbaine largement contestée par les habitants
Le rapport met en évidence un malaise bien ancré dans le quotidien marseillais. Près de 65 % des habitants estiment que l’espace public est mal entretenu, évoquant déchets persistants, tags omniprésents et ramassage des ordures jugé irrégulier. Dans plusieurs quartiers populaires, ce sentiment est encore plus marqué, nourrissant l’idée d’un service public à géométrie variable. Pour beaucoup, ce constat n’a rien de nouveau : la dégradation progressive de l’environnement urbain est devenue une banalité.
Un retard criant face aux modèles européens
Comparée à des villes régulièrement citées en exemple comme Zurich, Luxembourg ou Copenhague, Marseille semble accuser un décalage important dans la gestion des déchets et de l’espace public. Là où certaines métropoles ont fait de la propreté un marqueur de qualité de vie et d’attractivité, la cité phocéenne peine encore à instaurer une discipline collective durable et une réponse municipale jugée suffisamment réactive.
Le sentiment d’insécurité, une autre fracture majeure
Au-delà de la saleté, l’étude pointe un second point noir : seuls 43 % des Marseillais déclarent se sentir en sécurité dans leur ville. À titre de comparaison, ce taux dépasse 80 % dans des villes comme Zurich ou Copenhague. Criminalité organisée, incivilités répétées, dégradations du mobilier urbain : autant d’éléments qui alimentent une inquiétude diffuse, renforcée par la médiatisation régulière de faits divers violents.
Une ville blessée mais toujours fière de son identité
Malgré ces indicateurs préoccupants, Marseille conserve une force d’attraction indéniable. Son patrimoine, sa diversité culturelle et son énergie populaire continuent de forger une identité unique, revendiquée par ses habitants. Consciente de l’ampleur du défi, la municipalité a engagé plusieurs chantiers : réorganisation de la collecte des déchets, campagnes de sensibilisation, investissements dans les transports et les espaces verts.
Entre transition écologique et reconquête de l’image
La métropole mise également sur des projets liés à la transition écologique. Végétalisation des places, réhabilitation de friches urbaines et initiatives locales doivent contribuer à redonner de l’élan à une ville souvent perçue comme à bout de souffle. Pour les urbanistes, le potentiel reste immense, à condition d’inscrire ces efforts dans la durée et de fédérer habitants et institutions autour d’une ambition commune.










