« Ils sont devenus toxicomanes » : un médecin girondin jugé pour avoir prescrit illégalement du fentanyl, aux frais de la Sécurité sociale
Posted 31 mars 2026 by: Admin
Un médecin généraliste comparaissait devant la justice à Bordeaux pour des pratiques médicales jugées dangereuses.

Au cœur du dossier : des prescriptions massives d’un opioïde extrêmement puissant, qui auraient exposé de nombreux patients à des risques majeurs. L’affaire soulève des interrogations sur les dérives possibles dans le suivi médical.
Ce lundi 30 mars, un médecin de 69 ans était jugé devant le tribunal correctionnel de Bordeaux. Il doit répondre de plusieurs chefs d’accusation, dont la prescription irrégulière de substances classées comme stupéfiants, ainsi que de mise en danger d’autrui et d’escroquerie au préjudice de l’assurance maladie.
Installé à La Réole, ce praticien exerçait depuis de nombreuses années lorsqu’il a été mis en cause à la suite d’une enquête de gendarmerie.
Des prescriptions massives de fentanyl
Au cœur de l’affaire figure l’utilisation du fentanyl, un médicament particulièrement puissant, réputé pour être bien plus fort que la morphine. Le médecin aurait prescrit ce produit en quantités très importantes à plusieurs patients, avec un remboursement assuré par la Sécurité sociale.

Selon les éléments présentés à l’audience, ce médicament figurait parmi les plus fréquemment délivrés par le praticien, ce qui a rapidement suscité l’attention des autorités sanitaires.
Une pratique déjà sanctionnée par le passé
Ce n’est pas la première fois que ce médecin se retrouve confronté à des sanctions. Au début des années 2000, il avait déjà été épinglé pour des prescriptions excessives de Subutex, un traitement de substitution utilisé dans la prise en charge de la dépendance aux opioïdes.
Ces antécédents ont été évoqués lors du procès, renforçant les interrogations sur la répétition de pratiques jugées à risque.
Des patients exposés à des risques de dépendance
Au cours de l’audience, la procureure a mis en avant les conséquences de ces prescriptions. Certains patients seraient devenus dépendants aux substances délivrées, illustrant les dangers d’un usage inadapté de ces médicaments.
Le médecin conteste toutefois cette analyse, affirmant avoir agi dans le but de soulager la souffrance de ses patients, sans intention de nuire.
L’hypothèse d’un trafic écartée

Un temps envisagée, la piste d’un trafic de drogue n’a finalement pas été retenue. Aucun enrichissement personnel ni circuit de revente n’a été établi par les enquêteurs, ce qui a conduit à écarter cette qualification.
Le prévenu a également réfuté les accusations le présentant comme impliqué dans un réseau illégal, affirmant que ses prescriptions relevaient uniquement de sa pratique médicale.
D’autres irrégularités relevées
L’enquête a également mis en lumière d’autres anomalies. Le praticien aurait délivré de nombreux arrêts de travail et bons de transport, y compris pour des patients résidant à l’étranger, ce qui a contribué à alourdir les charges retenues contre lui.
Ces éléments viennent compléter un dossier déjà dense, centré sur des pratiques médicales jugées non conformes.
Des réquisitions lourdes en attente du verdict
À l’issue de l’audience, le parquet a requis une peine de trois ans d’emprisonnement, dont un an ferme, ainsi qu’une amende de 30 000 euros. Une interdiction définitive d’exercer la médecine a également été demandée, soulignant la gravité des faits reprochés.







