Visée par une plainte pour injure publique, l’eurodéputée Rima Hassan relaxée
Posted 4 mars 2026 by: Admin
La justice a tranché dans une affaire mêlant réseaux sociaux, tensions politiques et accusations d’injure publique.

Le tribunal correctionnel de Strasbourg a relaxé l’eurodéputée Rima Hassan, estimant que ses propos s’inscrivaient dans le cadre d’un débat politique, où la liberté d’expression bénéficie d’une protection particulière.
L’affaire oppose l’eurodéputée Rima Hassan à la conseillère municipale socialiste Pernelle Richardot. Le conflit remonte à novembre 2024, après une décision de l’Université de Strasbourg de refuser la tenue d’une conférence consacrée à la question palestinienne.
À la suite de cette interdiction, Pernelle Richardot avait réagi publiquement sur le réseau social X. Elle avait salué ce choix, estimant qu’il s’agissait d’une décision courageuse et affirmant que l’université ne devait pas servir de tribune à des soutiens de groupuscules islamistes.
Ces propos ont rapidement suscité une réponse virulente de Rima Hassan. Sur la même plateforme, l’eurodéputée avait qualifié l’élue socialiste « d’islamophobe assumée » et de membre de « la gauche coloniale », concluant son message par la phrase : « Personne n’oubliera ».
Une plainte pour injure publique

Estimant ces accusations particulièrement graves, Pernelle Richardot avait déposé plainte pour injure publique. Lors de l’audience, elle avait décrit les propos de l’eurodéputée comme d’une « violence inouïe », expliquant que l’affaire avait profondément inquiété son entourage.
L’élue socialiste avait également dénoncé une attaque personnelle susceptible de provoquer des conséquences sur sa sécurité et sa réputation publique.
La plainte a été examinée par le tribunal correctionnel de Strasbourg, qui devait déterminer si les propos publiés sur les réseaux sociaux relevaient d’une injure sanctionnable par la loi.
Une décision fondée sur la liberté d’expression

Dans sa décision rendue le 4 mars, le tribunal a reconnu que les propos de Rima Hassan pouvaient être considérés comme une injure publique. Toutefois, les magistrats ont estimé qu’ils s’inscrivaient dans le cadre d’un affrontement politique entre deux responsables publiques.
Selon la juridiction, ce type de débat s’accompagne souvent de termes particulièrement virulents. Les juges ont donc considéré que les propos n’avaient pas dépassé les limites de la liberté d’expression.
Sur cette base, l’eurodéputée a été relaxée.
Réactions opposées des deux camps
L’avocat de Rima Hassan, Vincent Brengarth, s’est félicité de la décision du tribunal. Selon lui, les magistrats ont su résister à ce qu’il considère comme une tentative de « criminalisation de la parole politique ».
De son côté, l’avocate de Pernelle Richardot, Sabrina Goldman, a exprimé sa déception. Elle estime que sa cliente s’est retrouvée injustement ciblée pour avoir dénoncé ce qu’elle considère comme des positions extrémistes. Cette affaire intervient dans un contexte de tensions récurrentes autour des questions de laïcité et d’islamophobie dans le débat public français. Pernelle Richardot avait déjà été critiquée en 2025 par la dirigeante écologiste Marine Tondelier.







